Le paysage médiatique français pourrait connaître un bouleversement structurel sans précédent en cas de victoire de la gauche radicale à l’élection présidentielle de 2027. Le mercredi 20 mai 2026, Jean-Luc Mélenchon a officiellement annoncé que La France insoumise (LFI) ferait voter en priorité une loi « anticoncentration des médias » s’il accédait au pouvoir. S’exprimant lors de son émission Allo Mélenchon, diffusée sur ses chaînes Twitch et YouTube, le fondateur du mouvement a prôné la mise en œuvre rapide d’une « mesure radicale ». Selon lui, l’objectif principal de ce texte législatif sera très clair : orchestrer la dislocation des monopoles, démanteler les trusts et séparer définitivement les médias de l’argent afin de redonner du pouvoir aux utilisateurs.
Pour légitimer cette initiative, le leader insoumis a pointé du doigt une situation de quasi-monopole, rappelant que neuf milliardaires détiennent aujourd’hui 90 % des médias français. Cette analyse a été immédiatement relayée dans l’espace public par Clémence Guetté, vice-présidente LFI de l’Assemblée nationale. Lors d’un entretien accordé à Sud Radio le même jour, la députée a martelé que cette hyper-concentration industrielle présentait un danger démocratique majeur, avec des répercussions directes et délétères sur le droit constitutionnel à l’information des citoyens.
Un ciblage global au-delà du seul empire de Vincent Bolloré
Si la rhétorique de La France insoumise cible très régulièrement l’empire médiatique de Vincent Bolloré — qui englobe des fleurons de l’audiovisuel et de la presse comme CNews ou Europe 1 —, Jean-Luc Mélenchon a explicitement précisé que cette future loi ne se cantonnerait pas à un seul homme. Refusant de se limiter à de « petites retouches » législatives, il a affirmé vouloir pousser la logique de démantèlement jusqu’au bout. Le texte de loi vocation à s’appliquer de manière uniforme à l’ensemble des grandes fortunes possédant des canaux d’information en France.
Plusieurs grands capitaines d’industrie et d’affaires sont ainsi directement visés par cette menace de restructuration forcée :
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Vincent Bolloré : pour son contrôle de l’audiovisuel, de l’édition et du cinéma via le groupe Canal+.
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Bernard Arnault : propriétaire des titres de presse économique et généraliste Les Échos et Le Parisien.
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Rodolphe Saadé : détenteur du pôle RMC-BFM et du journal La Tribune.
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Matthieu Pigasse : actionnaire de structures comme Radio Nova ou le site d’actualité Le HuffPost.
Le remplacement de l’Arcom et les leçons de l’histoire latino-américaine
Au-delà des structures de propriété, le plan de Jean-Luc Mélenchon prévoit une refonte complète des instances de régulation du secteur de l’information. Le candidat à la présidentielle a proposé la mise en place d’un « conseil déontologique des médias », une nouvelle entité juridique qui permettrait aux citoyens et aux professionnels de disposer d’un véritable droit de recours, un outil qui fait cruellement défaut selon lui dans le système actuel. Par la même occasion, il a exprimé son mépris le plus total envers l’Arcom, le gendarme de l’audiovisuel en place, qu’il a publiquement qualifié de « farce ambulante ».
Pour justifier sa volonté de mener ce combat de front et sans concessions, Jean-Luc Mélenchon a invoqué l’histoire politique internationale, affirmant s’être instruit des erreurs commises par les gouvernements de gauche en Amérique latine durant la vague des années 1990-2000. Selon son analyse, le manque de fermeté et la naïveté de ces dirigeants face aux grands groupes de presse privés se sont conclus par un « carnage affreux » sur le plan politique. Il prône donc une absence totale de complaisance vis-à-vis des puissances financières s’il s’installe à l’Élysée.
Le boycott de Canal+ ravive le débat jusqu’au camp présidentiel
Cette prise de parole offensive de la direction insoumise s’inscrit dans un contexte sectoriel très tendu, exacerbé par les récentes déclarations du patron de Canal+. Ce dernier a provoqué une vive polémique en annonçant sa décision de rompre toute collaboration professionnelle avec les 600 professionnels de l’industrie du cinéma ayant apposé leur signature au bas d’une tribune hostile à Vincent Bolloré, accusé d’instrumentaliser ses médias pour promouvoir des thèses d’extrême droite. Clémence Guetté a fermement condamné cette sanction, dénonçant l’emprise tentaculaire du milliardaire qui utilise sa fortune pour verrouiller simultanément la télévision, la radio, la presse écrite, l’édition et le septième art.
Signe que la question de la concentration des médias dépasse désormais les frontières de la gauche radicale, la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, issue des rangs du parti présidentiel Ensemble pour la République, a elle aussi entrouvert la porte à une évolution législative. Interrogée sur l’antenne de France Inter, elle s’est déclarée favorable à l’ouverture d’un débat parlementaire sur le sujet. Tout en adoptant une posture plus modérée, la présidente de la chambre basse a souligné l’importance cruciale de garantir le pluralisme des opinions et la liberté de création au sein de la démocratie française, se disant prête à soutenir une nouvelle loi si celle-ci s’avérait indispensable pour protéger ces principes fondamentaux.

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