Coup de théâtre judiciaire dans le milieu de la haute gastronomie française. Le chef cuisinier Jean Imbert, médiatisé depuis sa victoire dans l’émission Top Chef et ancien chef étoilé de prestigieux établissements parisiens comme le Plaza Athénée, a été présenté ce mercredi 5 août 2026 à un juge d’instruction du tribunal judiciaire de Paris.
À l’issue de cette présentation, qui faisait suite à une garde à vue de près de trente heures levée la veille au soir, le magistrat instructeur a décidé de placer le restaurateur sous le statut juridique de témoin assisté. Ce statut intermédiaire entre celui de simple témoin et celui de mis en examen indique qu’il existe des indices rendant vraisemblable sa participation aux faits reprochés, tout en ne réunissant pas d’indices graves ou concordants suffisants pour une mise en examen à ce stade de la procédure.
Ouverture d’une information judiciaire par le Parquet de Paris
En parallèle de la présentation du chef cuisinier au magistrat, le parquet de Paris a formalisé l’ouverture d’une information judiciaire pour poursuivre les investigations sur le plan pénal.
Le ministère public a précisé le cadre juridique exact dans lequel s’inscrivent désormais les investigations :
- Les chefs d’accusation retenus : L’information judiciaire est ouverte pour « violences habituelles par conjoint ou concubin ayant entraîné une incapacité totale de travail (ITT) supérieure à 8 jours ».
- Le nombre de victimes concernées par la procédure : Les poursuites pénales directes visent des faits commis au préjudice de deux anciennes compagnes du chef cuisinier.
- La question de la prescription : Bien que six anciennes compagnes aient apporté leurs témoignages et dénoncé des agissements réprévisibles auprès des services d’enquête, le parquet a indiqué que les faits concernant quatre d’entre elles apparaissent juridiquement prescrits, empêchant toute poursuite formelle sur ces volets spécifiques.
Des témoignages décrivant des mécanismes de contrôle coercitif et de violences
Selon les précisions communiquées par le parquet de Paris, les investigations conduites par les services de police judiciaire s’appuient sur un ensemble de déclarations et de témoignages de proches des plaignantes.
Plusieurs anciennes compagnes ont décrit aux enquêteurs ce qui s’apparente à des comportements de contrôle coercitif au sein du couple :
- Contrôle de la vie sociale : Surveillance des fréquentations amicales et professionnelles, restriction des sorties et isolement progressif des victimes.
- Intimidation et comportement : Critiques répétées sur l’apparence physique, comportements humiliants en public ou dans la sphère privée, ainsi que des épisodes d’enfermement temporaire dans des pièces de l’habitation.
- Constatations matérielles : Des proches et confidents entendus au cours des enquêtes préliminaires ont attesté avoir directement constaté des traces physiques telles que des bleus ou des traces de morsures à différentes périodes.
De son côté, Jean Imbert conteste fermement la qualification pénale de l’ensemble des faits qui lui sont reprochés, contestant les accusations de violences habituelles.
Les plaintes de l’ex-Miss France Alexandra Rosenfeld et de l’actrice Lila Salet
Cette procédure judiciaire fait suite à deux démarches officielles engagées par d’anciennes compagnes du chef cuisinier au cours des mois passés.
La première plainte marquante a été déposée en février 2026 par l’ancienne Miss France Alexandra Rosenfeld. Cette dernière accuse son ancien compagnon de violences physiques et psychologiques subies lors de leur relation sentimentale qui s’était déroulée entre 2013 et 2014.
La seconde plainte instruite dans le cadre de cette information judiciaire émane de l’ancienne actrice Lila Salet. Cette dernière avait formellement saisi la justice en août 2025 pour dénoncer des agissements similaires imputés au restaurateur lors de leur vie commune.
La réaction de la défense : la satisfaction du statut de témoin assisté
À la sortie du tribunal judiciaire de Paris, l’équipe de défense du chef cuisinier a rapidement pris la parole pour commenter la décision rendue par le juge d’instruction.
Maître Jacqueline Laffont, l’une des avocates de Jean Imbert, a souligné la différence entre l’écho médiatique de l’affaire et la réalité du dossier d’instruction :
« Il y a ce qui est véhiculé dans les médias, il y a ce qui est véhiculé sur les réseaux sociaux, et puis il y a les dossiers, la complexité des dossiers, et les décisions de justice. Et de temps en temps, elles sont assez rassurantes. »
Le choix du juge d’instruction d’opter pour le statut de témoin assisté plutôt que pour une mise en examen permet à Jean Imbert de conserver un accès complet au dossier d’instruction pour préparer sa défense, tout en bénéficiant de la présomption d’innocence. L’information judiciaire se poursuit désormais sous la direction du magistrat instructeur qui pourra ordonner de nouvelles confrontations et expertises dans les mois à venir.
